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Développer la bientraitance des seniors
La bientraitance se définit comme un ensemble de règles de vie concernant tous les acteurs de l’accompagnement des seniors.

Depuis le décès de son mari, il y a sept ans, Huguette a quitté son domicile pour venir s’installer dans une maison de retraite du Marais poitevin vendéen. Dans ce lieu de vie pour personnes âgées, conventionné par le Conseil général, elle vit en toute sérénité.
Le 16 octobre dernier, Valérie Létard, secrétaire d’État chargée de la Solidarité, présentait son programme en faveur de la bientraitance des personnes âgées.
Cette prise de mesures a fait suite à plusieurs émissions télévisées traitant du sujet de la maltraitance des seniors en établissements, ainsi que la réflexion menée en février dernier par la Commission européenne. Plus en amont, c’est l’épisode de la canicule de 2003 qui avait entraîné un début de conscientisation collective sur la situation des personnes âgées dans les établissements d’accueil mais aussi à domicile.
Avant d’aborder la question de la bientraitance, on peut essayer d’appréhender celle de la maltraitance, même s’il faut le préciser, l’absence de maltraitance n’implique pas systématiquement l’existence de la bientraitance…
La maltraitance s’exerce sur des niveaux différents, comme le définit le ministère du Travail et des Relations sociales (www.travail-solidarite.gouv.fr ), «la notion de maltraitance renvoie à une diversité de situations allant de la négligence à la violence. Elle correspond le plus souvent à une succession de petits actes qui, réunis, créent les conditions de l’isolement et de la souffrance des personnes. Quelques exemples de maltraitance: brutalité, sévices; infantilisation, humiliation; abus de confiance; défaut de soins; privation ou violation de droits.»
En cas de soupçon de maltraitance, il existe depuis février dernier, un numéro d’appel national, le 3977, ou encore deux réseaux associatifs d’écoute, Alma France (alma-France.org) et l’Association francilienne pour la bientraitance des aînés et/ou handicapés (0810 600 209).
Ainsi, en 2006, il s’est avéré que la moitié des 13.600 appels reçus par ces services d’écoute ont concerné vraiment des cas de maltraitance, dont 70% à domicile et 30% en établissement.
À domicile, la maltraitance est le plus souvent psychologique (24%, intimidation, dévalorisation…), financière (22%) et physique (14%, violence, privations) tandis qu’en institution, on recense plutôt des négligences (31%) et des violences psychologiques (23%).
Pour remédier à cet état de fait, Valérie Létard propose donc, pour les établissements, ce plan de bientraitance qui s’articule autour de trois axes:
- mieux contrôler et informer, en augmentant le taux (de 50 à 80%) de contrôles surprise dans les établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes (Ehpad), et en relançant le 3977 autour d’une campagne de sensibilisation.
- faire confiance aux professionnels qui rempliront chaque année un questionnaire sur les formations suivies par les membres du personnel en matière de bientraitance.
- et enfin, former les personnels aux techniques d’accompagnement personnalisé : pour ce faire, il est prévu une formation de 250.000 professionnels en trois ans.
Mais alors, qu’est-ce que la bientraitance?
Le site AFBAH de l’Association Française pour la Bientraitance des Aînés et/ou Handicapés la définit ainsi :
«La bientraitance demande donc des échanges entre toutes les parties prenantes: institutions, professionnels, usagers, familles et proches, bénévoles, etc. Certains piliers sont incontournables:
- respect de la personne, de son individualité;
- nécessité d’un cadre clair;
- respect des choix de la personne et développement des possibilités de décision;
- questionnement sur la justesse des actes par rapport aux besoins».
Loin d’être un concept moralisateur, la bientraitance s’établit comme un ensemble de règles de vie concernant tous les acteurs de l’accompagnement des seniors, tentant alors de comprendre les difficultés rencontrées de part et d’autre: pour les seniors, l’acceptation de leur dépendance, un accompagnement face à la solitude, la maladie… et pour les personnels, une formation adaptée, mais aussi une prise de conscience du manque de personnel dans les établissements, dans lesquels certains personnels ne peuvent apporter, faute de temps, l’accompagnement psycho-affectif nécessaire au bien-être moral des résidents…
Il s’avère donc essentiel que ce plan s’accompagne de mesures concrètes tant sur le plan de la formation que sur le plan des ressources humaines et matérielles.
source : www.lagrandeepoque.com
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